Jerry Yang, le co-fondateur de Yahoo!

Jerry Yang, le créateur de Yahoo!, avait tout pour en faire un géant d’Internet. Mais il n’a pas fait les bons choix… sauf celui de vendre à temps !

« La calligraphie chinoise peut contribuer à unifier un monde en crise », philosophait, très zen, au printemps dernier, l’homme d’affaires Jerry Yang dans une interview au très réputé site américain Artnet.com. Le cofondateur de Yahoo!, dont il a démissionné du conseil d’administration en 2012 (mais dont il détient toujours 3,8% des actions), grand collectionneur d’art, dispose désormais d’un temps quasi illimité pour proter de sa prodigieuse fortune, estimée à 2,6 milliards de dollars par le magazine « Forbes », en 2017.

Né à Taipei (Taïwan) il y a tout juste cinquante ans, Jerry Yang perd son père lorsqu’il n’a que 2 ans. Huit ans plus tard, sa mère, professeur d’anglais, décide de quitter le petit Etat insulaire. Direction San Jose, en Californie, au cœur de la fameuse Silicon Valley. Doué en maths, le jeune Jerry décroche un master en sciences (génie électrique) de la prestigieuse université Stanford, où il rencontre un certain David Filo. En pleine effervescence de l’Internet, les deux compères créent un annuaire de sites Web, hébergé par les serveurs de l’université. Fin 1994, l’université leur demande d’héberger leur site ailleurs.

L’idée de génie de transformer un hobby en métier s’impose alors aux deux étudiants, qui créent Yahoo en mars 1995. Le concept révolutionnaire de portail Internet regroupant contenu éditorial et services propulse la start-up californienne au firmament. En 1999, Jerry Yang commet pourtant une erreur historique. Alors qu’il voyait en AOL et Microsoft, ses plus redoutables adversaires, il utilise sa fortune personnelle pour financer –à hauteur de 10 millions de dollars– une autre start-up nommée… Google. Malgré un retour sur investissement de l’ordre de 5 000%, ce coup de pouce va donner naissance au futur géant des moteurs de recherche, qui finira par détrôner Yahoo! et ringardiser son système d’annuaire des sites Web.

Au tournant des années 2000, l’entreprise ne tire pas non plus profit de l’engouement pour les liens sponsorisés, cette nouvelle forme de publicité en ligne qui fera la fortune de son rival californien. Appelé pour diriger –et relancer– Yahoo! en 2007, Jerry Yang est contraint de lâcher les commandes de l’entreprise deux ans plus tard, après avoir rejeté une offre d’achat de Microsoft. Ce que lui reprocheront vertement ses actionnaires. En 2012, ce père de deux enfants marié à une Costaricaine d’origine japonaise démissionne du conseil d’administration et abandonne toutes ses responsabilités au sein de l’entreprise qu’il avait portée sur les fonts baptismaux vingt-trois ans plus tôt. Nul n’est prophète en sa maison…

Source : Prisma Media

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