WAZE pour éviter amendes et bouchons sur les routes

Histoire d’une application israélienne devenu mondiale et qui a conquis tous les automobilistes. L’appli GPS basée sur le partage d’infos en direct permet d’éviter amendes et bouchons. Des millions d’automobilistes mondiaux ne peuvent que dire merci à waze.

Comme les Trois Mousquetaires, les fondateurs de Waze étaient quatre. Et leur d’Artagnan s’appelle Ehud Shabtai. En 2006, sa copine lui offre un navigateur GPS portable. Le cadeau lui fait plaisir, mais il n’est pas convaincu par ses fonctionnalités. Comme il conduit vite et préfère éviter les ennuis, il voudrait qu’il lui indique la présence de la police et des radars. Fraîchement diplômé en informatique et en philosophie de l’université de Tel-Aviv (et libéré de son service militaire de deux ans), le jeune Israélien s’attelle donc à l’amélioration de son GPS, ce qui débouche sur la création de FreeMap Israel, appli fonctionnant sur le mode communautaire.

En 2008, trois amis lui proposent de transformer son système associatif en société : l’aventure Waze est lancée, avec une levée de fonds de 55 millions de dollars. Ehud Shabtai quitte son poste de directeur technique dans une société d’informatique pour se consacrer à son application : calcul des durées de trajets en temps réel, bouchons, raccourcis, accidents… Il conçoit la meilleure appli d’assistance au transport. Et la start-up se place parmi les meilleures au monde.

Son secret : être participatif

Sur le modèle collaboratif de Wikipédia, Waze est enrichie des informations par ses utilisateurs. Résultat : Google la rachète pour plus de 1 milliard de dollars en 2013. Au passage, Ehud Shabtai empoche 60 millions et reçoit, l’année suivante, le prix d’économie Hugo Ramniceanu, décerné par l’université de Tel-Aviv, qui récompense chaque année le meilleur entrepreneur d’Israël. Aujourd’hui, Waze est en passe de devenir un poids lourd. Mais elle doit encore faire ses preuves pour des trajets dans des villes à la circulation compliquée. Les villes américaines, avec leur urbanisme en damier, s’y prêtent moins. C’est pour cette raison que l’appli ne compte « que » 100 millions d’utilisateurs dans le monde, mais dont plus de 10 millions en France. Elle est en outre très concurrencée : TomTom Live, Here WeGo ou Google Maps. Pour ce dernier, détenir Waze est une aubaine. Grâce aux informations reçues par Waze, Alphabet (maison mère de Google) améliore la performance de Google Maps, mais aussi de Waze, à qui il fournit la cartographie. D’une nature discrète, Ehud Shabtai a, quant à lui, quitté Waze en décembre 2017, pour de nouvelles aventures.

Son idée de génie… Et ses limites

Waze permet de prendre l’itinéraire le plus rapide… mais pas toujours le plus court. Pour éviter les bouchons en ville, l’appli peut faire faire des détours de plusieurs kilomètres. Et elle a pour effet pervers d’envoyer aux heures de pointe des centaines de voitures dans des quartiers jusqu’alors épargnés par la circulation, polluant la vie des riverains… pour faire gagner quelques minutes aux conducteurs pressés.

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